L’abbaye de Saint-Denis et la période concordataire : la bulle d’institution canonique du chapitre de Saint-Denis, 3 avril 1843
Entretien vidéo de Nadine Gastaldi, conservateur en chef, Archives nationales (Section des cartes et plans et des photographies), et Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et professeur à l’Ecole nationale des chartes
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Durée : 5 min 04 s
Entretiens réalisés par Astrid Desmousseaux pour Connaissance des Arts
La papauté n’est pas la seule institution à avoir utilisé un sceau en métal (bulle) pour authentifier ses documents. Mais elle est seule à avoir maintenu jusqu’à nos jours cet usage hérité des empereurs romains. La bulle d’institution canonique du chapitre de Saint-Denis de 1843, associée à l’ensemble des bulles du XIXe siècle conservées aux Archives nationales, permet de mener une étude de diplomatique contemporaine sur ce type d’actes pontifi caux. Mise en rapport avec le contexte concordataire, elle met aussi en évidence le processus de co-rédaction de certains documents qui s’est instauré entre le gouvernement français et le Saint-Siège, entre le Concordat de 1801 et la Séparation de 1905. Cette coopération, cependant, n’exclut pas les tensions, liées au choix des formulations ou bien au problème général de la réception en France des actes en provenance de la Cour de Rome. La bulle relative au chapitre de Saint-Denis constitue aussi un exemple de ces difficultés, d’autant que ce chapitre offre un cas « d’exception » dans la configuration de l’Église de France.
L‘histoire du chapitre de Saint-Denis est liée à celle du projet que Napoléon conçut pour la basilique dévastée par la Révolution. Il fallait installer autour de la sépulture des Empereurs un corps ecclésiastique pour se charger de la liturgie funéraire. Napoléon décida la création d’une institution ni concordataire ni canonique : le chapitre impérial. Les chanoines de première classe furent recrutés parmi les évêques d’Ancien Régime et parmi les évêques constitutionnels qui s’étaient ralliés à l’Empire et au Concordat. Les autres, des prêtres de haut niveau, assuraient le culte au quotidien.
Au cours des régimes successifs, les rapports du chapitre avec le Saint-Siège et avec l’archevêque de Paris furent normalisés et l’institution connut une période d’éclat au Second Empire et pendant l’Ordre moral sous l’impulsion de son primicier, Mgr Maret, archevêque i. p. de Lépante. Victime des conflits anticléricaux, le chapitre fut supprimé en 1885 en plein débat sur le budget des cultes. Les derniers chanoines disparurent par voie d’extinction vers 1905. Depuis une dizaine d’années l’ancienne abbatiale avait été transformée en paroisse.
Service producteur : Direction de la recherche et des relations scientifiques
Publié le : 27/05/2011
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